STÉPHANIE

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La bibliothèque – « J’avais très envie de m’asseoir sur des livres » prévient Stéphanie en nous présentant la bibliothèque du salon : les livres se trouvent en effet à l’intérieur de casiers qui servent aussi de bancs. « On les a faits avec mon mari » précise-t-elle. Excellent moyen pour dissimuler le désordre d’une bibliothèque tout en laissant les livres à portée de main, surtout les albums de leurs deux petites filles. En suivant Stéphanie à travers la maison, on découvre que les livres sont partout : dans le bureau – ce sont ceux de son mari, instituteur, et passionné d’ouvrages sur l’enfance – une bibliothèque cachée derrière la porte du couloir, une autre dans la chambre – pour les lectures plus personnelles. Stéphanie n’aime pas l’idée que les livres soient sacralisés : « J’aime qu’on en trouve partout, qu’ils fassent partie intégrante du quotidien. » Leur présence est discrète, loin de toute mise en scène, on sent bien que la vie s’organise autour et avec eux.

Stéphanie est souvent surprise de découvrir de nouveaux livres chez elle : « Ils arrivent toujours par des chemins détournés, par la famille, les amis, je ne contrôle pas les entrées et encore moins les sorties ! » Les livres ne sont pas faits pour rester en place, ils doivent circuler, comme les grandes idées. Parfois, la maison prend des airs de cimetière de livres avec des ouvrages que plus personne ne veut lire ou emprunter. Alors ils restent là, dans l’une ou l’autre des bibliothèques, au choix. Stéphanie aime le côté « chasse au trésor » qui réserve toujours des surprises.

Lectures – Dans sa chambre, Stéphanie garde les lectures qui l’ont le plus marquée. « On trouve essentiellement des romans du xxe siècle » remarque-t-elle. Et Stéphanie s’inquiète – sans raison : « Je crois que je suis assez banale dans mes lectures… » On la rassure et surtout on veut savoir.

Son premier amour de lecture, à l’adolescence, a été Barjavel. Elle a alors tout lu de l’auteur. Et elle garde aujourd’hui encore cette habitude : dès qu’elle découvre et aime un nouvel auteur, il faut qu’elle lise toute son œuvre. Les noms d’écrivains s’enchaînent alors portés par l’enthousiasme du souvenir de lecture : Irving ! Fante ! Salinger ! Jonathan Dee ! Barrico ! Gary (« Quel auteur, quel type ! Les gens devraient lire Adieu, Gary Cooper ! »), Emmanuel Carrère (« Limonov c’est LE livre rêvé pour tout journaliste ! » et elle en sait quelque chose : Stéphanie est journaliste), Philippe Carrese (« Incontournable pour une Marseillaise pur jus ! »). Dans son panthéon littéraire, on trouve : La Chute d’Albert Camus : « Pour la chute que ce livre provoque justement. Tellement de puissance avec des mots simples ». Invitation au supplice de Vladimir Nabokov : « Chez lui les mots vous pètent à la gueule ! » Et tous les livres de Patrick Modiano : « Je lui dois quelque chose. Après la naissance de ma première fille, j’ai attrapé au hasard Rue des boutiques obscures. Je l’ai lu dans la nuit. Je l’ai lu comme un acte de rébellion contre mes doutes sur la maternité. Cela a été une chance de tomber sur lui. »

Dernier mot – Stéphanie finit toujours les livres qu’elle commence. Par politesse, explique-t-elle. Elle nous confie une de ses manies : « Je regarde toujours le dernier mot avant de commencer un roman. S’il est bon, le livre ne peut pas être mauvais ! » La preuve : le dernier mot de La chute : « heureusement. » Elle se souvient aussi du dernier mot de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez : « chance. » « Vous voyez, ça marche ! » s’amuse-t-elle. « Ce livre est incroyable : on lit 700 pages sans vraiment savoir pourquoi et la dernière page donne tout son sens à l’œuvre ! » En ce moment, elle lit Cette histoire là de Alessandro Barrico dont les derniers mots sont « que son cœur s’arrêta ».


QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À STÉPHANIE :

La chute de Albert Camus, Gallimard : Une nuit de novembre à Paris, J.-B. Clamence croise une femme sur le pont de la Seine. Quelques instants plus tard, il entend un cri, elle vient de se jeter dans le fleuve et se noie. Il continue son chemin et ne tente rien pour la sauver. Sa vie se fissure, il sombre dans le remords. Pour essayer d’oublier, il se retire dans un bar à matelots d’Amsterdam.

Le Monde selon Garp de John Irving, Seuil : Alors qu’en 1943, face à une contraception défaillante, le souci de bien des femmes reste d’avoir un homme sans avoir d’enfant, la préoccupation de l’excentrique Jenny est d’avoir un enfant et surtout pas d’homme. C’est ainsi qu’elle jette son dévolu sur le sergent technicien Garp, « opérationnellement » intact en dépit de son cerveau endommagé. De cette éphémère union naîtra S.T. Garp. Impossible de résumer ce roman débordant d’humour et d’énergie peuplé de personnages passionés, foisonnant de péripéties délirantes. Le Monde selon Garp, c’est d’abord le récit des rapports orageux et tendres entre une mère célèbre, féministe malgré elle, et son fils écrivain, tous deux individualistes forcenés. Le Monde selon Garp, c’est aussi un savoureux commentaire sur l’art et l’imaginaire, la preuve éclatante que l’outrance et le baroque peuvent éclairer notre monde avec une justesse incomparable.

Adieu, Gary Cooper de Romain Gary, Gallimard :  » Il mesurait un mètre quatre-vingt-huit, était blond, et on lui avait souvent dit qu’il ressemblait à un très jeune Gary Cooper. C’était le seul gars qui lui faisait quelque chose. Il avait même une photo de lui, qu’il regardait souvent. Les gars chez Bug Moran rigolaient, ils trouveaient ça marrant.  » Qu’est-ce que ça peut te foutre, Gary Cooper ?  » Lenny ne répondait pas et rangeait soigneusement la photo.  » Tu veux que je te dise, Lenny ? C’est fini, Gary Cooper. Fini pour toujours. Fini, l’Américain tranquille, sûr de lui et de son droit, qui est contre les méchants, toujours pour la bonne cause, et qui fait triompher la justice et gagne toujours à la fin. Adieu l’Amérique des certitudes. (…) Ciao, Gary Cooper.  » Les gars se taisaient. Lenny leur tournait le dos, faisait mine de fouiller dans son sac.  »

Océan mer de Alessandro Barrico, Gallimard : Au bord de l’océan, à la pension Almayer, «posée sur la corniche ultime du monde», se croisent sept personnages au destin étrange et romanesque, sept naufragés de la vie qui tentent de recoller les morceaux de leur existence. Mais leur séjour est bouleversé par le souvenir d’un hallucinant naufrage d’un siècle passé et la sanglante dérive d’un radeau. Et toujours, la mer, capricieuse et fascinante… Avec une époustouflante maîtrise, Alessandro Baricco nous offre à la fois un roman à suspense, un livre d’aventures, une méditation philosophique et un poème en prose.

Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano, Gallimard : Qui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ? Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier.

Trois jours d’engatse de Philippe Carrese, éditions de l’Aube: Bernard Rossi, honnête maçon marseillais, voit sa vie basculer dans un cauchemar après avoir tué le garde du corps d’un élu municipal et mis la main sur son carnet d’adresses. S’ensuivent alors trois journées de catastrophes successives.


SES BONNES ADRESSES :

La librairie L’Attrape-Mots (212 rue Paradis, 13006 Marseille): « un espace très agréable et Agnès, la libraire, y organise beaucoup d’événements ».

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