SOPHIE

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La bibliothèque – La bibliothèque de Sophie, c’est du sur-mesure. « Et c’est du fait maison ! » précise-t-elle non sans une petite fierté. L’idée de cette bibliothèque tient d’une envie : pouvoir embrasser l’ensemble de ses livres en un coup d’œil. « Avant, je vivais à Paris, j’avais une bibliothèque-puzzle : plein de petits bouts dans chaque recoin de la maison. J’avais sur mes étagères deux rangées de bouquins, ça me frustrait. » Quand elle a visité cet ancien atelier de photographe à Montreuil, elle voit instantanément le potentiel du grand mur sous verrière. Il accueillerait la bibliothèque de ses rêves. « On a choisi les mêmes matériaux que pour la rénovation de l’atelier : du bois et de l’acier en couleur canon de fusil. Avec un copain, mon compagnon a coupé les bois et l’acier, et moi j’ai fait comme le poinçonneur des lilas : des petits trous partout pour les assembler. » Pour le travail de soudure, un de leurs amis, champion dans cet art, leur a donné un coup de main. « Le bas du meuble, ce sont des tiroirs Ikea ! » conclut Sophie qui vient de révéler le plan de montage de sa bibliothèque. Le résultat est stupéfiant et ferait rêver tous les amateurs. « C’est un bonheur quotidien, reconnaît Sophie. J’y vois ma forêt de livres. C’est comme un paysage en fait. » En haut sur la passerelle, la partie fiction, le cœur de la bibliothèque. « En bas, c’est la vie tout simplement avec des livres de cuisine qui flirtent avec des essais, des best-sellers, des livres jeunesse, des livres confidentiels, des livres sérieux, de beaux livres et des bien moches, voire des livres que je n’ai pas trop aimés ».

Lectures – Sophie a toujours lu et se considère comme une lectrice régulière, de romans principalement. « Lire c’est comme manger en fait. Mais c’est aussi très intime comme faire sa toilette. C’est une activité quotidienne et personnelle. » Parmi les livres qui comptent le plus, Sophie cite La Marquise de Sade ou l’Animale de Rachilde. « Je collectionne les livres de Rachilde. C’est un univers et une femme fascinante et c’est aussi la cristallisation d’une amitié avec un bouquiniste, qui me repère les belles éditions » explique-t-elle. Autres livres importants : Sosha de Singer, Là-Bas de Huysmans, Hécate et ses chiens de Morand, La femme tatouée ou Les femelles de Joyce Carol Oates. Et la poésie de René Char et d’Anna Akhmatova. « Tout ça ce sont mes rencontres personnelles mais avant il y a eu mes études littéraires avec le choc des classiques comme Rousseau et ses Confessions, Lorenzaccio de Musset, Madame Bovary de Flaubert, La Fin de Satan de Victor Hugo, Antigone d’Anouilh, et bien d’autres. » Sophie a une approche sensuelle de la lecture : « Quand je pense à un titre, j’ai tout de suite en tête l’odeur du papier, sa couleur, la mise en page. J’ai aussi une approche par catalogue. Le travail de l’éditeur est très important pour moi : la cohérence d’un catalogue, son histoire, la famille des auteurs qui y figurent. Tout ça joue un rôle implicite dans ma perception du livre quels qu’en soient les domaines. » Mais un livre, c’est aussi une histoire de rencontre avec un auteur. Il faut alors attendre le bon moment : « J’ai eu l’occasion de lire Proust assez tôt, mais je l’ai rencontré vraiment il y a à peine un an. Pareil pour Malraux, que j’ai réellement rencontré à trente ans et non pas dans mes premières approches quand j’avais vingt ans. »

Luchador – Pour Sophie, la bibliothèque est l’élément essentiel de la maison : « C’est le foyer, le feu de cheminée apaisant. J’y mets des bibelots qui portent autant d’histoire que les livres. Pour moi, c’est le symbole du chez moi. » Cependant, un autre « élément » semble régner en maître sur les lieux : Luchador, le chat bengal de Sophie. « Mon œuvre d’art ronronnante… Le chat et la bibliothèque c’est un peu le duo gagnant pour un sweet home » s’amuse-t-elle en l’attrapant. Et celui-ci adore le papier, l’odeur des livres et se faufiler entre les livres sur les étagères. « Son univers c’est le bas de la bibliothèque. Il me laisse le haut : il a compris que c’était ma panière à moi ! » conclut Sophie.

QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À SOPHIE : 

La marquise de Sade de Rachilde, Gallimard : Une œuvre flamboyante qui met en scène la vie rude que mena une petite fille élevée à la hussarde par son père officier dans l’armée impériale. Mary deviendra un monstre assoiffé de sang… Elle aura un compte à régler avec le «mâle» qui a tué en elle l’innocence.

Shibumi de Trevanian, Gallmeister : Shibum Nicholaï Hel est l’homme le plus recherché du monde. Né à Shanghai en plein chaos de la Première Guerre mondiale, fils d’une aristocrate russe et protégé d’un maître de Go japonais, il a survécu à la destruction d’Hiroshima pour un émerger comme l’assassin le plus doué de son époque. Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d’excellence personnelle : le shibumi. Désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque en compagnie de sa délicieuse maîtresse, Nicholaï accueille une jeune étrangère venue lui demander son aidre. Il se retrouve alors traqué par une organisation internationale de terreur et d’anéantissement – la Mother Company – et doit se préparer à un ultime affrontement. Shibumi, le chef-d’oeuvre de Trevanian, est un formidable roman d’espionnage et une critique acerbe de l’Amérique. Avec, toujours, l’intelligence et l’humour noir qui sont la marque de fabrique de cet auteur exceptionnel.

Dalva de Jim Harrisson, 10-18 : Pour reprendre le contrôle de sa vie, Dalva s’installe dans le ranch familial du Nebraska et se souvient : l’amour de Duane, les deuils, l’arrachement à ce fils nouveau-né qu’elle cherche obstinément. Meurtrie mais debout, elle découvre l’histoire de sa famille liée à celle du peuple sioux et d’une Amérique violente. Grand roman de l’Amérique éternelle, l’Amérique de la prairie et des forêts.

Le Chinois d’Hennig Menkel, Seuil : Le roman commence dans un village suédois, Hesjövallen, en plein cœur de l’hiver, alors que règnent la neige, le froid et les loups. Karsten Höslin, un photographe de passage, découvre une vraie scène d’horreur : tous les habitants ont été massacrés dans leur maison durant la nuit. Seuls deux couples ont été laissés en vie sans raison apparente, ce qui, dans une enquête policière, n’est évidemment jamais tout à fait le cas. Le malheureux photographe ne survit pas à sa découverte, et pour nous dévoiler les dessous de ces horribles faits, Mankell nous emmène très loin en arrière, en 1863 à Canton, où trois frères sont embarqués de force sur un bateau à destination de l’Amérique. Là, ils travaillent sous la férule de J. A., un Suédois, un « homme [venu] de l’enfer. Et un jour il devra y retourner. »

Les Dieux chiens de Masako Bando, Actes Sud : Célibataire, Miki, quarante et un ans, est la fille aînée d’une branche de la famille Bonomiya établie sur Shikoku, île du Japon réputée pour ses femmes chamanes. Nous sommes en avril, tout est clair et lumineux. A la veille de la rentrée scolaire arrive Akira, vingt-cinq ans, professeur venu s’installer au village. Miki, une des rares à fabriquer encore du papier à la manière traditionnelle, va tomber sous le charme du jeune homme. Mais, dans cette atmosphère printanière, les habitants du village font tous des cauchemars. Miki surprend sa mère vérifiant le contenu d’un étrange petit pot de céramique. Bientôt divers incidents se produisent, et la mère de Miki accuse les dieux chiens de tous ces méfaits tandis qu’un premier décès concentre l’opprobre des villageois sur Miki. Alors qu’elle tombe follement amoureuse d’Akira, Miki va apprendre les terribles secrets qui entourent son histoire. Akira n’est-il pas en réalité un dieu chien qui sème le trouble dans les esprits et la mort sur son passage ? Fondés sur une vieille légende populaire de l’île de Shikoku, Les Dieux Chiens sont un roman noir qui frise le fantastique. Le lecteur y découvrira autant la vie quotidienne d’un petit village de montagne au Japon que l’intrication des traditions du bouddhisme et de croyances plus anciennes.

SES BONNES ADRESSES : 

« Mes librairies : Folies d’encre – incontournable à Montreuil (9 avenue de la Résistance, 93100 Montreuil) et du côté de Bastille : La belle Lurette (26 rue Saint-Antoine, 75004 Paris).

Le marché de l’antiquariat du 15e arrondissement de Paris reste un lieu magique avec toutes ses trouvailles.

Deux restaurants: L’Amourette (54 rue Robespierre, 93100 Montreuil) et Rio Dos Camaraos (55 rue Marceau, 93100 Montreuil): « on y mange bien mais ce sont aussi des lieux joyeux avec des gens qui aiment leur métier et leurs clients. »

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