OLIVIA 2/2

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QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À OLIVIA :

Le ravissement des innocents de Taiye Selasi, Gallimard : Kweku est un homme d’une cinquantaine d’années. Nous le suivons durant sa promenade matinale dans son jardin et, dès la première ligne, nous savons qu’il va y mourir d’une crise cardiaque. Comment l’imminence de cette fin peut-elle avoir échappé à l’illustre chirurgien qu’il était, comment n’en a-t-il pas perçu les signes avant-coureurs ? Pourquoi ne pas avoir demandé de l’aide, alors que les membres de sa famille dormaient paisiblement à quelques mètres de lui ? Comment « un chirurgien exceptionnel » peut-il mourir d’un « banal infarctus », se demande son fils ? Qu’a-t-il fait durant les quarante minutes qui séparent les premiers signes de la mort pour ne pas se rendre compte du destin tragique qui l’attendait ? Perdu dans ses pensées, contemplant la beauté de la nature, il se souvient du passé et, à chaque souvenir douloureux, son cœur se brise, au sens propre comme au figuré. Il revient sur cette vie où les drames s’accordent avec les joies, où les naissances font écho aux décès. La violence de son existence est décrite avec tant de poésie que l’on en savoure chaque mot. Un roman touchant, profondément sensible, où la beauté de la langue fait face à la dureté des propos. L’auteure dévoile ses origines à travers ce texte pudique et émouvant. En plus d’être écrivain, elle est photographe, ce qui se ressent à la lecture : lorsque Kweku nous décrit ses souvenirs, le lecteur a la sensation de pouvoir les visualiser. Les différentes influences de l’auteure se ressentent dans son écriture. En effet, l’Afrique est décrite avec une voix américaine. On y retrouve la poésie de cette culture, son oralité, en même temps que le style américain.

Un bonheur parfait de James Salter, L’Olivier : «Toute vie est un processus de démolition», écrivait Scott Fitzgerald. James Salter semble lui donner raison avec ce roman cruel et subtil. Nedra est belle, assurée, et sait donner aux gestes quotidiens une sorte d’élégance. Viri est architecte. Il rêve d’accomplir une oeuvre qui lui survivra, et dévore les biographies d’hommes illustres. Ils habitent une vieille demeure non loin de New York, ils s’aiment. Peut-être sont-ils moins heureux qu’ils ne le disent. Quand le temps aura fait son oeuvre, il ne restera plus, des amours de Nedra et Viri, que des ruines et des regrets. Tendre est la nuit, mais la perfection du bonheur n’est pas de ce monde.

L’art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière, Grasset : Lire ces chroniques est un exercice savoureux car Dany Laferrière a concocté cette recette avec des ingrédients variés, subtils, émouvants ou drôles. En effet, durant ses temps de pause, de sieste, de silence, l’écrivain laisse s’agiter des idées de romans, des réflexions sur la société mais aussi des souvenirs d’enfance. Agrémentés de poèmes, comme l’Art de marcher, l’Art de se perdre, l’Art de ne pas oublier, « la boîte à pensées » de l’auteur nous rappelle une tradition de l’homme de la Renaissance avide de regarder le monde et d’aiguiser sa pensée dans la lenteur. La préconisation de laisser le temps au temps, présent constamment dans ces textes, comme le temps d’écouter, de regarder, de lire et de cogiter, s’avère judicieuse. Des écrivains comme Salinger, Borges, Nabokov ou Flaubert accompagnent tout au long l’écrivain devenu depuis novembre dernier, Académicien. Quelle belle odyssée humaine pour ce prosateur à qui un journaliste du Monde avait demandé dans « quelle langue écrivez-vous ? » !

Le grand marin de Catherine Poulain, L’Olivier : Une femme rêvait de partir. De prendre le large. Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait : à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle. Dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures… C’est la découverte d’une existence âpre et rude, un apprentissage effrayant qui se doit de passer par le sang. Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade. Traîne dans les bars. En attendant de rembarquer. C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

Des pierres dans ma poche de Kaouther Adimi, Seuil : Si je réécrivais un peu l’histoire, je tairais les policiers devenus des vautours, la jeunesse égarée, le gouvernement appelant les terroristes au cessez-le-feu, les enfants qui ne jouent plus parce que les rêves les ont quittés trop vite. Je passerais sous silence mon grand-père à la tête vide, l’herbe desséchée par le soleil, les fourmis rouges dévoreuses de peau, les douches prises à minuit lorsqu’un peu d’eau coulait enfin du robinet. Je feindrais le bonheur de vivre désormais dans une ville étrangère, loin des amis d’enfance et de la lumière enveloppante d’Alger. J’oublierais les coups de fil incessants de ma mère qui se désespère de me savoir célibataire à trente ans. Resterait la perspective de revenir en Algérie avec l’image détestable des gens qui quittent leur pays sans remords pour vivre là-bas.

La douleur porte un costume de plumes de Max Porter, Seuil : Une mère meurt. Elle laisse derrière elle deux petits garçons et leur père terrassés par le chagrin. Un soir, on frappe à la porte de leur appartement londonien. Surgit alors un étrange personnage : un corbeau, doué non seulement de parole mais d’une verve enfiévrée, d’un aplomb surprenant et d’un sens de l’humour ravageur. Qu’il soit chimère ou bien réel, cet oiseau de malheur s’est donné une mission auprès des trois âmes en péril. Il sera leur confident, baby-sitter, analyste, compagnon de jeu et d’écriture, l’ange gardien et le pitre de service — et il les accompagnera jusqu’à ce que la blessure de la perte, à défaut de se refermer, guérisse assez pour que la soif de vivre reprenne le dessus. Bouleversante, hilarante, audacieuse et unique, cette fable moderne est un bijou littéraire qui nous rappelle ceci : ce sont les pouvoirs de l’imaginaire et la force des mots qui nous tiennent en vie.


SES BONNES ADRESSES :

Le restaurant Aux verres de contact (52 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris). Pour la petite histoire, ce restaurant tire son nom d’une boutade du célèbre journaliste Antoine Blondin, qui rendait ses notes de frais en indiquant : « verres de contact »…

Le Bon Marché (24 rue de Sèvres, 75007 Paris) pour la papeterie.

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