GWENDOLINE 1/2

Bibliothèque – Suivez les escaliers qui mènent à la mezzanine, vous arriverez dans un large espace à vivre, où s’épanouissent des plantes vertes et, tout au long du mur, s’étale une large bibliothèque. Bienvenue chez Gwendoline et Ludovic.

« Dès que nous sommes arrivés dans cet appartement, nous avons souhaité avoir une bibliothèque sur mesure. » Ludovic, architecte de profession, l’a imaginée et la réalisation a été confiée à un menuisier. « Il a tout de même fallu six mois de travaux ! » se souvient Gwendoline. C’est dire si cette bibliothèque a été particulièrement désirée et attendue. Gwendoline n’en avait jamais eue et, aujourd’hui encore, cela lui « paraît fou ». Mais elle ne pourrait plus imaginer vivre dans un lieu sans bibliothèque. « C’est devenu, pour moi, une évidence, l’élément central de l’appartement. Un peu comme une cuisine dans une maison ! »

On trouve plusieurs classements. Le premier flatte l’œil : il est par éditeur. Puis, il y a un classement plus aléatoire, pour les livres de passage : ceux qui ne sont pas encore lus (et peut-être ne le seront jamais), ceux qui ont été empruntés (et ne seront peut-être pas plus ouverts). « Ce n’est pas si facile de faire vivre une bibliothèque, une fois que les livres sont bien rangés. » regrette Gwendoline en contemplant ses rayonnages. On s’approche aussi. Après les six mois de gestation, il convient de voir si la bibliothèque ressemble à ses parents. On repère sans mal les livres de Ludovic : ils sont sur l’architecture, la construction, l’histoire du bâtiment, l’art. Les bandes dessinées ? Ce sont les siennes aussi. « J’aime en lire, précise Gwendoline, mais je suis incapable de les choisir. Je n’ai aucune intuition pour la bd ! » En revanche, pour les romans, c’est elle qui a la main. On va y revenir. Les livres pour enfants ont trouvé leurs places à bonne hauteur. Les livres doivent être accessibles. « Finalement, je me retrouve assez dans cette bibliothèque, admet Gwendoline. Elle est très ordonnée, bien rangée, jusqu’à ce que je lâche prise, et alors ça devient n’importe quoi. C’est bien moi ! » s’amuse-t-elle.

Lectures – « C’est moi qui choisis et achète les romans. » Et Gwendoline précise : « Ludovic lit ce qu’on lui donne. » Récapitulons, Ludovic est responsable du rayon bande dessiné, Gwendoline, des romans. Pendant des années, ils n’ont alors lu que des romans historiques. « Je ne sais pas pourquoi je me limitais à ce genre. » Mais, après la lecture de Rosa Candida de l’islandaise Audur Ava Olafsdottir, son regard s’est décentré. Elle prend conscience qu’elle peut aussi lire pour le plaisir même s’il n’est pas question de la grande Histoire. Elle s’ouvre à la littérature comme l’illustrent ses dernières lectures : Middlesex de Jeffrey Eugenides, 1Q84 de Haruki Murakami, Vernon Subutex de Virginie Despentes, Les mijaurées de Elsa Flageul, En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut ou encore Les armoires vides d’Annie Ernaux.

Si elle suit bien volontiers les conseils de ses amis, elle se fie aussi à son instinct et à la couverture. Le titre, quelques mots sur la quatrième et, bien sûr, le nom de l’éditeur ou de l’auteur. « Je dois admettre que je me trompe rarement. Mais quand je me trompe, je suis furieuse ! » Elle nous aurait bien parlé de l’une de ses dernières lectures, – une bd que son mari lui a conseillée : Les vieux fourneaux de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet. « Garanti anti-déprime, cela m’a fait rire aux éclats. » Mais impossible de se souvenir de l’histoire. « Ah ça m’arrive souvent : je me souviens de ce que j’ai ressenti en lisant, mais j’oublie le reste ! Je souffre sans doute d’amnésie partielle ! »

Homéopathie – Gwendoline a toujours lu. Elle se souvient d’un rituel : son père l’accompagnait à la librairie pour choisir un livre qu’elle devait commençait sur le chemin du retour dans la voiture. Lire est une nécessité. Elle lit chaque jour. Disons plutôt : chaque soir, dans son lit. Malheureusement, elle s’endort trop vite. « Je pratique ce que j’appelle la lecture homéopathique : à petite dose mais absolument indispensable ! »