DAVID

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La bibliothèque et l’atelier – L’espace est réduit, mais plein de promesses. David nous accueille au centre d’une pièce aux fonctions multiples : séjour, bibliothèque, atelier de couture. Car David, pendant son temps libre, lit autant qu’il coud. Son atelier se limite à un petit bureau, bien ordonné, où l’on voit encore l’ombre de notre hôte penché sur ses cahiers. Il y dessine les motifs des couvertures et des coussins en tissus qu’il imagine – ambiance Art déco. Des dizaines de cahiers contiennent les plans et ses essais en patchwork. On passerait des heures à les feuilleter, mais on n’est pas là pour ça. À quelques mètres, on remarque une bibliothèque basse avec des beaux livres. « Pour l’inspiration » précise David qui garde aussi sous les yeux des illustrations de George Barbier et Georges Lepape, deux illustrateurs qui contribuèrent à la Gazette du bon ton, une revue de mode fondée en 1912 – « mais elle n’existe plus aujourd’hui ». Le style de ces artistes – raffiné, créatif, enjoué – n’est pas pour lui déplaire. Sur un autre mur, du sol au plafond, cohabitent la littérature, le théâtre, des essais sur la mode, la philosophie et l’histoire. La bibliothèque – en bois – est aussi l’œuvre de David. Les yeux fermés, il donne les mesures : « 17 centimètres de profondeur, et chaque rayonnage mesure 23,5 centimètres de hauteur. » Dix-sept centimètres, c’est peu, non ? « Je voulais une seule épaisseur de livres »précise-t-il. Devant la bibliothèque, une banquette qu’il a tapissée de velours bleu. Voilà l’invitation à la lecture…

Lectures – On revient aux livres d’art, sources d’inspiration. Grâce à eux, David a affiné son regard, ses idées, ses envies de l’art viennois de Klimt du début du siècle, jusqu’à l’Art déco en passant par l’Art nouveau. On passe du côté des romans : « Pour la littérature française, j’ai des goûts très classiques : Albert Camus, Marcel Proust, Albert Cohen, Christian Oster, Jean Echenoz. » En littérature étrangère, il a une affection pour la jeune génération d’auteurs américains qu’il suit depuis longtemps. « Cela fait des années que je parle de ces « jeunes auteurs » mais ils vieillissent certainement eux aussi » s’amuse-t-il. Parmi eux : Jonathan Tropper (Le livre de Joe est son préféré), Jonathan Safran Foer (pour Extrêmement fort et incroyablement près), Jonathan Franzen (notamment Les corrections), Marisha Pessl (pour La physique des catastrophes), Nicole Krauss. On découvre aussi de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. « Un sujet qui me passionne » s’excuse David qui vient de terminer les trois épais tomes de La destruction des juifs d’Europe de Raul Hilberg. Il passe en revue sa bibliothèque, comme s’il ne l’avait pas regardée depuis longtemps et en extrait quelques ouvrages : Les enfants du Bon Dieu d’Antoine Blondin, Seul dans Berlin de Hans Fellada (« l’histoire d’un immeuble à Berlin sous le régime nazi… »), L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyme, Monsieur Proust de Celestine Albaret, Le Pingouin de Andreï Kourkov. On l’aura compris, David est un grand lecteur. Et il s’y connaît autant en littérature qu’en couture.

Bien chez soi – Quel lien unit ces deux pratiques ? « La lecture et la couture invitent à un repli sur soi et portent en eux l’idée d’être bien chez soi. » Il faut du calme pour lire, un lieu propice à la détente. La couture participe à la création de cet environnement. Et puis aussi il y a les objets : une couverture, un coussin, un livre – et d’ailleurs, on parle bien de la couverture d’un livre – on les touche, on les manipule. Il y a quelque chose de sensoriel. C’est physique. Parole d’expert !


QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À DAVID :

Les 12 couturiers qui ont changé l’histoire de Bertrand Meyer-Stabley, Pygmalion, 2014 : « c’est génial, on commence avec Woerth (Second Empire) pour finir avec John Galliano. » L’équivalent existe avec les grandes couturières.

La tâche de Philippe Roth, Gallimard, 2002 : l’écrivain américain Philip Roth ne le déçoit jamais.

L’archipel du goulag de Alexandre Soljénitsyne, Point, 2014 : à la fois immense poème épique et document détaillé sur le système concentrationnaire soviétique. David a découvert ce livre dans une version poche abrégée mais excellente.

Monsieur Proust de Céleste Albaret, Robert Laffont, 2014 (réédition): les souvenirs de Céleste Albaret, la gouvernante et seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’œuvre.

Les Romanov de Hélène Carrere d’Encausse, Fayard, 2013 : un excellent document historique et biographique sur la dynastie des Romanov.

Belle du seigneur de Albert Cohen, Gallimard, 1968 : David relit régulièrement ce chef d’œuvre de la littérature amoureuse de notre époque

Le dernier des Camondo de Pierre Assouline, Gallimard, 1997 : un roman historique sur la famille Camondo. David apprécie d’aller en profondeur sur un lieu, de creuser son histoire.

Berlin les années 20 de Rainer Metzger, Hazan, 2006 : un beau livre sur le tourbillon moderniste de Berlin des années 20. Le concept est décliné dans une collection avec les villes de Munich, Moscou, Saint-Petersbourg.


SES BONNES ADRESSES :

I Love my blender, une librairie atypique spécialisée en littérature anglo-saxonne (36 rue du Temple, 75004 Paris).

Le marché Saint-Pierre pour les tissus (2 rue Charles Nodier, 75018 Paris).

La librairie des Arts Décoratifs pour les beaux livres. Et n’oubliez pas de jeter un coup d’oeil à la boutique de décoration attenante (107 rue de Rivoli, 75001 Paris).

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