MARYSE

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La bibliothèque – Maryse a deux bibliothèques. Dans son salon, d’où l’on aperçoit le haut du massif des Calanques, s’élève celle qu’elle appelle « la bibliothèque d’apparat ». On y trouve les grands classiques – en Pléiade pour la plupart – les beaux livres, les encyclopédies, les livres d’histoire et les bandes dessinées placées volontairement à portée de main de ses petits enfants. Puis nous suivons Maryse dans sa chambre : « Voici ma bibliothèque de cœur : elle contient ma vie. » Une vie passée en partie à lire. Outre ses livres préférés – « mes essentiels » – on trouve les photos des gens qu’elle aime, ses souvenirs de voyages, des bijoux posés sur les étagères. La structure même de la bibliothèque lui est chère : « ce sont de grands casiers récupérés au décès de mon parrain qui était prêtre artiste ». Il est notamment l’auteur des grands tableaux qu’on a pu voir sur les murs du salon. « Cette bibliothèque par sa forme et son contenu me protège. Il est très important pour moi qu’elle soit près de mon lit. »

Lectures – On repère un livre posé en évidence devant les autres : Les livres prennent soin de nous de Régine Detambel. « Une merveille ! Régine Detambel dit exactement ce que je pense : ce sont les grands auteurs et leurs textes qui nous soigneront. J’ai toujours cru que le temps et la littérature pouvaient presque tout guérir. » Ce livre, Maryse compte bien l’offrir à tout le monde ces prochains mois. Elle nous l’annonce comme une mise en garde. Sur la table de nuit, une pile de livres instable : « Je lis toujours tôt le matin et j’ai tendance à lire plusieurs livres à la fois. » Maryse alterne principalement entre littérature – Emmanuel Carrère, Pierre Jourde, Edouard Louis, Lydie Salvayre, Chantal Thomas – et théologie qu’elle étudie depuis qu’elle a été touchée par la foi. « Je viens d’une famille d’athée mais mon mari m’a fait découvrir la religion catholique. » Maryse avait eu envie d’aller plus loin – elle a un « tempérament universitaire », elle ne se contente pas de croire, elle a étudié les textes qui fondent cette religion. « Au final, note Maryse, le roman que j’ai le plus lu c’est sans doute la Bible ! » Elle reconnaît avoir une grande affection pour l’histoire du peuple Hébreu dans l’Ancien Testament. Autres lectures, autres auteurs : de grandes auteurs féministes, des historiens, des philosophes et penseurs. Quelques noms reviennent : Paul Veyne, Lucien Jerphagnon, François Cheng et Etty Hillesum. « L’œuvre d’Etty Hillesum, c’est tragique et plein d’espérance. Je lis ses écrits dans le bain » nous confie-t-elle. On vient d’ailleurs de lui offrir un pupitre en bois qui permet de lire dans son bain, à la lumière de la bougie tout en dégustant un verre de vin. « Idéal ! »

Foi – « En raison de ma propre histoire, j’ai en général une faiblesse pour les personnes qui ont un parcours atypique. » Etty Hillesum revient en référence, « une mystique transfigurée par la foi ». Mais aussi Saint Augustin qui s’est lui aussi tourné tardivement vers le christianisme : « Un grand type celui-là ! La plupart de ses textes sont des écrits de combats, il a lutté contre un tas d’hérésies » explique Maryse. Et enfin, autre converti, Saint-François. « J’éprouve un grand amour pour lui. »


QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À MARYSE :

Les livres prennent soin de nous de Régine Detambel, Actes Sud, 2015 : Régine Detambel, écrivain et kinésithérapeute de formation, se donne ici pour tâche de montrer que la littérature en tant que “remède” doit se défier tout autant du pouvoir médical que des lieux communs du bien-être de masse.

Le Royaume de Emmanuel Carrère, POL, 2014 : Le Royaume raconte l’histoire des débuts de la chrétienté, vers la fin du Ier siècle après Jésus Christ. Il raconte comment deux hommes, essentiellement, Paul et Luc, ont transformé une petite secte juive refermée autour de son prédicateur crucifié sous l’empereur Tibère et qu’elle affirmait être le messie, en une religion qui en trois siècles a miné l’Empire romain puis conquis le monde et concerne aujourd’hui encore le quart de l’humanité. C’est aussi, habilement tissée dans la trame historique, une méditation sur ce que c’est que le christianisme, en quoi il nous interroge encore aujourd’hui, en quoi il nous concerne, croyants ou incroyants, comment l’invraisemblable renversement des valeurs qu’il propose a pu connaître ce succès puis cette postérité.

En finir avec Eddy Bellegueule de Edouard Louis, Seuil, 2014 : Ce roman autobiographique raconte l’enfance et l’adolescence de l’auteur dans un village de Picardie. Il est violemment rejeté et persécuté par les gens du village et sa propre famille à cause de ses manières efféminées.

La première pierre de Pierre Jourde, Gallimard, 2013 : Pierre Jourde revient sur des événements qui en 2005 ont défrayé la chronique. Lors de la parution d’un de ses livres, Pays perdu, une partie des habitants du village d’Auvergne dont il était question dans le récit s’est livrée à une tentative de lynchage de l’auteur et de sa famille. Pierre Jourde y décrivait la rudesse de la vie dans ce hameau lointain dont il est originaire, mais aussi une fraternité archaïque, solide, des relations humaines à la fois brutales et profondes. Célébration d’un village aimé, le livre y a été reçu par certains comme une offense. La première pierre retrace les événements violents qui ont suivi la parution de Pays perdu, et propose l’analyse passionnante de leurs causes.

Pas pleurer de Lydie Salvayre, Seuil, 2014 : « La guerre d’Espagne par le petit bout de la lorgnette » résume Maryse.

Cinq méditations sur la mort de François Cheng, Albin Michel, 2014 : Le poète, au soir de sa vie, s’exprime sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter. Le voici se livrant comme il ne l’avait peut-être jamais fait, et transmettant une parole à la fois humble et hardie. François Cheng n’a pas la prétention de délivrer un « message » sur l’après-vie, ni d’élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d’une vision de la vie. Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l’existence humaine, et nous appelle à envisager la vie à la lumière de notre propre mort. Celle-ci, transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande aventure en devenir.

Ainsi soit Olympe de Gouges de Benoite Groult, Grasset, 2013 : Une biographie hommage de Olympe de Gouges, une figure fondatrice du combat contemporain pour l’égalité des sexes.

Une vie bouleversée de Etty Hillesum, Seuil, 1985 : Etty Hillesum est juive. Elle commence un journal en 1941, sa seule publication à ce jour. À 27 ans, sa foi en la vie, en l’homme et en l’art étonnent, d’autant que la guerre et ses mesures antisémites sévissent. Mais à peine en fait-elle part dans son journal qu’elle emploie plutôt à se dire, à comprendre sa relation au monde, aux autres et à Spier, l’homme qu’elle aime, également psychanalyste et disciple de Jung. Alors que l’humanité s’avilit, la voix de la jeune Néerlandaise s’élève comme une incantation, d’une pureté sans fard et sans naïveté.

Les confessions de Saint Augustin, Flammarion : Il s’agit de l’une des premières œuvres autobiographiques. Saint Augustin y confesse ses fautes, et exalte la gloire de Dieu. Il raconte sa jeunesse débauchée, et sa conversion au christianisme. Il s’interroge sur l’origine du mal, livre ses réflexions sur la nature du temps, ou encore s’émerveille devant la puissance de la mémoire.


SES BONNES ADRESSES :

La librairie Saint-Paul pour la théologie (28 bis, cours d’Estienne d’Orves, 13001 Marseille).

La librairie de la Bourse Frézet, en particulier pour les guides touristiques (8 rue Paradis, 13001 Marseille).

Bookcase

Maryse has two bookcases. In her living room – whose window opens on a beautiful natural landscape – is her “formal bookcase”. Here are the great classics, the art books, the encyclopaedias and the comics. She invites us to follow her in her bedroom to discover her second bookcase: “here is my dear bookcase, it contents my life” she explains us. A rich life made of her favourite books – “my essentials” – pictures of her loved ones, souvenirs from journey and some jewellery. Even the structure of the bookcase is dear to her heart: “I inherited this bookcase from my godfather after his death. He was a priest and a painter.” He is the one who painted the beautiful paintings we had time to admire in the living room. “This bookcase, by its form and content, protects me. It is very important that it is close to my bed.”

Readings

A stack of books on her bedside table reveals what kind of reader she is: “I read early in the morning and I always read several books at the same time”. She alternates her readings between literature and theology. She has started to study theology when, as an adult, she discovered her faith. “I come from an atheist family but it is my husband who initiated me to Catholicism.” So when like Maryse you are someone who likes to study, you don’t just adopt a religion, you study it and its texts. “In the end, the Bible remains the novel I read the most. And I am also very attached to the Old Testament and the story of Hebrew people.” Marys is also very inspired by great feminist authors and great thinkers such as Etty Hillesum. “The work of Etty Hillesum is deeply tragic and hopeful. I read it while taking my bath” confesses Maryse showing us the last present she got: a kind of tray that allow her to read in her bath, lighted with candlelight and a glass of wine. “Perfect present!”

Atypical

“Maybe because of my own story life, I have a tenderness for people with an atypical path”. Etty Hillesum comes back as a reference, “a great spirit, transfigured by faith”. But also Saint Augustine: “such a great guy!” Lately converted to Christianity, Saint Augustine is for Maryse the author of very powerful writings. “Most of his writings were combative, he fought against so many heresies” she explains. And finally there is Saint Francis of Assisi, a converted as well. “He has a huge place in my heart.”


 

A FEW BOOKS TO BORROW FROM MARYSE:

An interrupted life by Etty Hillesum, Persephone Books: Etty Hillesum’s diary and letters appear together to give the fullest possible portrait of this extraordinary woman in the midst of World War II. In the darkest years of Nazi occupation and genocide, Etty Hillesum remained a celebrant of life whose lucid intelligence, sympathy, and almost impossible gallantry were themselves a form of inner resistance. The adult counterpart to Anne Frank, Hillesum testifies to the possibility of awareness and compassion in the face of the most devastating challenge to one’s humanity. She died at Auschwitz in 1943 at the age of twenty-nine.

Confessions by Saint Augustine: The work outlines Augustine’s sinful youth and his conversion to Christianity. It is widely seen as the first Western autobiography ever written, and was an influential model for Christian writers throughout the following 1,000 years, through the Middle Ages.

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