FANNY 2/2

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QUELQUES LIVRES À EMPRUNTER À FANNY :

Tobie des Marais de Sylvie Germain, Folio : Un petit enfant en ciré jaune roule sur son tricycle sous l’orage. On dirait un soleil miniature. On lui a crié : Va au diable ! et il y file, chassé par le vent du malheur. Ainsi commence ce roman, riche en merveilleux, en émotions, en amour, pour lequel Sylvie Germain s’est librement inspirée du célèbre récit biblique de Tobie.

Que font les rennes après Noël de Olivia Rosenthal, Verticales : «Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L’histoire d’une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s’affranchir. C’est très difficile. C’est même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen.» Olivia Rosenthal.

Un repas en hiver de Hubert Mingarelli, Stock : Ce jour-là, trois hommes prennent la route, avancent péniblement dans la neige sans autre choix que de se prêter à une chasse à l’homme décrétée par leur hiérarchie militaire. Ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt, et, soucieux de se nourrir et de retarder le retour à la compagnie, procèdent à la laborieuse préparation d’un repas dans une maison abandonnée, avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d’eau. Ils en viennent à brûler les chaises sur lesquelles ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé leur proie. Le tour de force d’Hubert Mingarelli, dans ce roman aussi implacable que vertigineux, consiste à mettre à la même table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais dont l’antisémitisme affiché va réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur prisonnier.

Un des malheurs de Emmanuel Darley, Verdier : Quelques voix dans une ville assiégée. D’autres, à l’extérieur, menaçantes. Puis le chaos qui recouvre peu à peu chaque chose. Et, pendant de longs mois, des ombres qui tentent de résister et de survivre. D’autres, tout autour, sur les collines, occupées patiemment à faire, en bas, le vide – à nettoyer. Un des malheurs : la guerre, celle qui ressuscite brutalement de vieilles histoires de terre, de terre d’ancêtres, pour déchaîner sa jubilation morbide. La force d’évocation de ce récit tient toute dans le refus de l’émotion et, surtout, dans l’originalité de la langue qui porte cet univers halluciné

Avant les monstres de Dominique Fabre, Cadex : On retrouve dans ce livre de poésie les thèmes sensibles de l’enfance, l’absence du père, la famille d’accueil à la campagne et la banlieue. Cette poésie du quotidien où évoluent filles perdues, ouvriers anonymes, enfants solitaires touche à l’universelle condition humaine. Ma tête était coupée elle roulait j’allais avoir des bosses ça m’ennuyait pourvu qu’elle ne tombe pas dans la mer je me disais sainte marie mère de dieu car je n’aurais pas mes lunettes pour la retrouver !

Le village de l’allemand de Boualem Sansal, Gallimard : Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d’Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d’une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid…  Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l’extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s’y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. «À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles.» Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d’une sincérité bouleversante.

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, Actes Sud : Dans un bar à Oran, un vieil homme monologue sur ce qui fut la grande affaire de sa vie : le meurtre de son frère il y a soixante-dix ans. Ce crime en plein soleil est passé depuis dans notre patrimoine littéraire, car cet homme n’est autre que le frère de « l’Arabe » tué par un certain Meursault dans le fameux roman d’Albert Camus ! Piégé depuis sa plus tendre enfance entre sa mère et un mort dans un deuil sans fin, Haroun entreprend de réécrire l’histoire de son frère, dont le « seul livre écrit est ses tatouages », et de lui redonner un nom dans la langue du tueur. Grâce à une brillante et vertigineuse construction multipliant échos et emprunts à L’Étranger, ainsi que de nombreuses références bibliques, mythologiques et littéraires (La Chute, Robinson Crusoé, etc.), Kamel Daoud donne corps à ce personnage sans nom. Il s’interroge non seulement sur son identité, mais aussi sur celle de son pays, l’Algérie. Meursault, contre-enquête est un hommage audacieux et captivant.


SES BONNES ADRESSES :

Le Funiculaire, un bar à vin-librairie où l’on peut aussi venir écouter des concerts (17 rue André Poggioli, 13006 Marseille).

Béa-Ba, une galerie d’art contemporain (122 rue Sainte, 13007 Marseille).

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